Contre la vaccination

Le Petit Comtois du 6 août 191606_08 PC vaccin 1

Voici une tribune surprenante dans ce journal progressiste qu’est le Petit Comtois, soucieux d’éradiquer les comportements conservateurs et craintifs face à la science.

De plus, elle est écrite par Jules BLUZET, ce républicain humaniste, rédacteur régulier au Petit Comtois et, le plus souvent, soucieux d’amélioration pour la condition humaine.
Contre quoi s’élève-t-il ? Contre les abus de la vaccination à l’armée. Mais il élargit son rejet à toute vaccination et met en cause même la vaccination antirabique mise au point par Pasteur. Pour un jurassien, (Bluzet est de Dole – Jura – comme Pasteur) cette prise de position est surprenante.

06_08 PC vaccin 2Y’avait-il abus ? Et que craignait Bluzet ? Que ces vaccinations ne soient imposées à toute la population comme elles l’étaient alors aux militaires ?

Il emploie l’humour pour signaler combien certains militaires sont marqués par les multiples vaccins auxquels ils sont soumis (cf. ci-contre). Et, certes, la période de vaccination par laquelle passait tout mobilisé n’était pas agréable. Les effets des vaccins étaient pris en compte par l’autorité militaire qui supprimait les entraînements pénibles pendant cette phase sanitaire.

06_08 PC vaccin 4Son argumentation repose sur la défense des libertés individuelles : il n’admet pas l’obligation du vaccin. Quant il s’en prend au traitement antirabique, il nous surprend par son aveuglement. 06_08 PC vaccin 3Émettre des doutes et admettre des cas d’intolérance est une chose, rejeter la vaccination, presque par principe, en est une autre et BLUZET ignore ou veut oublier les risques considérables au sein des armées où les hommes sont soumis à une promiscuité et un manque d’hygiène dangereux. C’est à se demander si BLUZET  se souvient de la mortalité qui frappa les casernements juste avant la guerre.

Bluzet pouvait se montrer progressiste quand il prenait la défense des animaux en condamnant  les mauvais traitements dont ils étaient victimes. De même, quand il se souciait du déficit budgétaire, témoignait-il d’un intérêt réel pour la collectivité à travers les affaires financières devenues cruciales pour le pays, mais il surprend dans cette diatribe anti-vaccin. Ayant lu ses écrits dans le Petit Comtois de 1913 à 1916, j’ai remarqué un changement chez cet homme passionné ; l’atrocité de la guerre et l’envie de la voir se terminer au plus vite l’ont conduit à moins de tolérance et moins de clairvoyance. Il cherche, dans la précipitation, tout ce qui lui semble bon pour hâter la fin du conflit dans les meilleures conditions possibles.06_08 PC vaccin 5

Aujourd’hui, les opposants aux vaccins restent actifs et mettent aussi en avant la liberté individuelle. Pour autant, les conséquences épidémiques sont telles que l’intérêt collectif des vaccinations demeure et passe avant le confort de quelques-uns. Même si des risques existent, leur fréquence limitée ne peut contrebalancer les avantages d’une vaccination évitant une épidémie.

 

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