Un peu de légèreté pour ce nouvel an 1916

Le Petit Comtois du 1er janvier 1916

Dessin humoristique (Gallica Bnf), ci-dessous, pouvant illustrer la scénette qui suit.

01_01_PC quiproquo dessin Burret LéonScène de ménage basée sur l’ignorance et le quiproquo, voilà les ingrédients du théâtre de boulevard pour cette scénette éditée dans le Petit Comtois du jour de l’An 1916.

Comme elle s’appuie sur la censure et le vocabulaire spécialisé des gens de presse, elle a toute sa place ici. Pour comprendre, la lecture du billet du 4 juillet a déjà précisé les termes de morasses et pourquoi l’on appelait la censure, Anastasie.

Lapin à plumes DardannellesCe « conte du nouvel an », intitulé « O Tempora ! O morasque » est introduit par ce jeu de mots qui déjà  peut plaire à ceux qui connaissent les morasses et pour qui l’Orient fantasmé des Mauresques flatte leur libido. Le terme Mauresque doit être entendu au féminin et non réservé à l’Afrique du Nord, mais bien à tout le Proche et Moyen Orient.
01_01_PC quiproquo

 

 

 

La règle des trois unités du théâtre classique est appliquée. Unité de lieu, de temps et d’action, mais cela est commode pour un dialogue aussi court.

Le lieu est caractéristique du genre : la chambre à coucher d’un couple de bourgeois. Le temps aussi puisque la scène se déroule au coucher tardif de Monsieur, rentré de son travail à minuit et demi. Cette heure tardive, ajoutée à des ragots de concierge, a mis la puce à l’oreille de Madame qui soupçonne son marie d’infidélité et s’apprête à la lui 01_01_PC quiproquo2reprocher vertement. C’est là le fait, un soupçon d’infidélité, soupçon infondé et conduisant à une sorte de quiproquo en tous cas d’incompréhension entre les deux époux jusqu’à ce que le mari comprenne l’erreur de son épouse.

Pour faire durer le dialogue, l’auteur prend soin de maintenir l’incompréhension par un badinage de l’époux. Ainsi, à sa femme disant  « Retirez-vous… Je sais tout » la réplique du mari se veut spirituelle et moqueuse avec ce Pierre Lafitte, éditeur… Le Patron de presse et journaliste, Pierre Lafitte, avait fondé le magazine mensuel Je Sais Tout en 1905.

La règle de bienséance est également respectée, mais si rien n’est montré, tout est suggéré : ce qu’implique les scènes de débauche auxquelles Madame pense que son mari a été mêlé, aussi bien que la réconciliation entre les époux dans les dernières lignes.

Amusement bourgeois typique de la Belle Époque.
Même si celle-ci est terminée, le divertissement continue avec la même inspiration et le même type de production
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