Les étrennes… mais quelles étrennes ?

Le Petit Comtois du 30 décembre 1915, p.3

Il a déjà été rappelé qu’à l’époque, les cadeaux étaient offerts plus souvent pour le jour de l’an, les étrennes, que pour Noël qui restait une fête religieuse.

30_12 étrennes 1En cette fin d’année 1915, on trouve dans le Petit Comtois du 30 décembre sous le titre « joujoux », une saine réaction contre la nature de certains jouets de plus en plus offerts aux enfants, des jouets de guerre.

Et le rédacteur de dresser une longue liste d’équipements militaires et d’armes parfois inattendus. Les canons ne nous étonnent point, mais leur marque si ; aujourd’hui oubliée sauf des spécialistes, celle des Rimailhos, désignait un engin d’artillerie lourde de calibre 155. On trouve aussi, en miniature, des tranchées, des maisons en ruines

30_12 coloriage UBref, de quoi reconstituer un champ de bataille réduit et de jouer aux petits soldats en imitant ce que papa, tonton ou le grand frère faisaient eux-mêmes durement et avec risques, au front.

Et l’article continue en signalant jusqu’aux alphabets remplis de mots guerriers : artillerie, batterie, cartouche, décharge, entonnoir… On peut ajouter avec cet alphabet à colorier : Union (comme celle des alliés) et Uniformes. (ci-contre)

Les fillettes n’étaient pas oubliées, continue l’auteur, « elles auront des costumes d’infirmière, blouse blanche, bonnet, voile et nombreux accessoires de pansements.

Et bien, ne faudrait-il pas mieux offrir aux petits de quoi se distraire un moment de la réalité poignante ? N’entendent-ils pas déjà trop, hélas ! parler de la guerre ? Ne pourrait-on pas leur suggérer, fut-ce pour une trêve courte – la trêve des confiseurs – des images moins horribles que le cauchemar où nous vivons et que leurs  parents eux-mêmes éprouvent le besoin d’oublier parfois… en allant au théâtre ! »

30_12 étrennes 3La chute de ces quelques lignes est empreinte d’ironie, mais au-delà de cet humour forcé, on devine le dégoût de ce rédacteur pour les choses de la guerre.
Les petits ont toujours voulu faire comme les grands, mais ceux-ci les y ont souvent encouragés.

Et la fabrication de ces jouets de guerre n’en est qu’un aspect et certainement pas le plus blâmable. Combien de gamins ont-ils ainsi pu exprimer leur agressivité sans risques avec un fusil de bois, ou même exorciser leurs peurs en s’imaginant tuer l’ennemi qui s’en prenait à leurs parents?

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