Un Nouveau Gouvernement

Le Petit Comtois des 29 et 30 octobre et l’Éclair Comtois du 30 octobre 1915
Le Gouvernement Viviani, formé la première fois au lendemain des élections législatives de mai 1914, avait été renouvelé fin août 1914 ; la nécessité de l’Union sacrée face au péril  l’y obligeait. Il tombe en cette fin octobre 1915 sans opposition violente de la part du Parlement, mais en raison de critiques sur la diplomatie conduite dans les Balkans et sur le manque d’impulsion à l’action militaire.30_10 nouveau Gt EC

Le nouveau Gouvernement, en place le 29 octobre au soir,  présidé par Aristide Briand respecte l’Union Sacrée et on y trouve des socialiste indépendants, le Parti radical, l’Alliance Démocratique, la Fédération Républicaine et la SFIO comme la droite catholique. C’est un Gouvernement de guerre. G. Clemenceau ironise alors : on avait un Gouvernement Viviani-Briand, on a désormais un Gouvernement Briand-Viviani. Certes, il y eut des ministres reconduits, mais il y eut aussi des changements même si les nouveaux ministres n’étaient pas des inconnus.

Ce Cabinet tiendra jusqu’à la fin de l’année 1916 et, comme pour le précédent, ce Gouvernement de guerre verra l’exécutif renforcé en la personne du Président du Conseil. Le Président de la République, Raymond Poincaré, reste marginalisé comme c’est le cas depuis les débuts de la IIIe République et la crise de 1877. Pourtant, la démission de Viviani pouvait laisser penser à un renforcement du Parlement et de la critique gouvernementale ; en fait, il n’en était rien.

30_10 nouveau Gt PC 29_10La composition du nouveau Cabinet est pratiquement connue par la presse avant même sa proclamation. Et, dans son édition du 29 octobre, le Petit Comtois, la publie sans grande lacune.

En effet, le lendemain, il donne la liste des ministres et cela correspond aux annonces de la veille. Après avoir insisté sur la nécessité de faire cohabiter des hommes politiques aux opinions opposées, le Petit Comtois précise que travailleront ensemble le très catholique  Denys COCHIN et l’anticlérical forcené Émile COMBES, le Radical Léon BOURGEOIS et le centre-gauche MÉLINE.

Le Petit Comtois poursuit en justifiant un Gouvernement représentatif des Français pour décider en ces temps difficiles et en critiquant les systèmes monarchiques où un seul décide et qui est accusé (L’empereur allemand) d’être responsable de la guerre.

30_10 nouveau Gt PCAinsi, comme le Petit Comtois l’annonçait la veille, le ministère de la guerre revient bien à Galliéni qui avait su entretenir son aura depuis son rôle (modeste) dans la défense de Paris et la bataille de la Marne.

Jules Méline, depuis la fin du XIXe siècle incarnait la défense de l’agriculture ; lui confier ce ministère allait plaire au monde paysan.

Louis Malvy restait à l’Intérieur et y restera dans les deux Gouvernements suivants avant de faire l’objet d’attaques virulentes de la part de l’extrême droite et de G. Clemenceau en 1917.

Marcel Sembat, membre de la SFIO, restait Ministre des Travaux Publics. Il conservait, à ses côtés, Léon Blum comme chef de cabinet.

Le Doubs retrouvait son député Albert Métin au Ministère du  Travail (cf. billet du 11 janvier 2014)

Ce Gouvernement Briand restait donc fidèle à l’Union sacrée et, n’en déplaise à Clemenceau, il affrontera la bataille de Verdun avec énergie ; il sera renouvelé en décembre 1916. 

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s