Besançon : fournir l’armée

Le Petit Comtois du 10 avril 1915 et retour sur d’autres éditions

Les « marchands de canons » ont toujours été montrés du doigt comme profiteurs de guerre. Il est vrai qu’il fallait fournir tant d’armes et de munitions que leurs profits ne pouvaient qu’être formidables.
10_04_1915 PC éco arméeLes autres commandes de l’armée ne représentaient pas moins d’énormes marchés et quelques annonces dans le Petit Comtois permettent de se faire une idée des volumes nécessaires pour vêtir, nourrir et équiper de toutes les façons les troupes.

Le 10 avril, le Magasin central de Besançon lance une offre publique d’achat pour des quantités de toiles de coton. L’énumération ci-contre permet d’apprécier les métrages demandés et la variété des produits auxquels ils sont destinés.

Deux précisions sont à souligner :

  • L’exclusivité de cette commande pour la 7e Région militaire
  • Le cahier des charges

10_04_1915 PC éco armée 7 Région

 

La VII e Région militaire (en violet sur la carte ci-contre) avait Besançon pour centre de commandement et pouvait bénéficier d’industries textiles assez importantes au Nord de Lyon ou au Nord de la Haute-Saône (Lure…).  Les entreprises locales pouvaient donc répondre à cette demande. Il n’est pas précisé où pourra être faite la fabrication des pantalons, caleçons, tentes et étuis-musettes… Remarquons la demande de coton bleu pour pantalons correspondant aux nouveaux uniformes.

10_04_1915 PC 01_04 éco arméeAu début du même mois, une demande de gros bétail était soumissionnée par la place de Besançon. Une livraison quotidienne de 64 têtes était prévue pendant deux mois (du 27 avril au 26 juin), soit plus de 3000 têtes de bétail. On imagine facilement avec quelles précipitation intéressée les maquignons de la région devaient réagir. Un tel marché ne pouvait échapper aux plus habiles.

Ces bêtes étaient parquées hors de la ville.

Dans la 3e annonce ci-dessous, du 25 mars précédent, l’on apprend que Novillars, à 10 km au NE de Besançon, bien relié par voie ferrée, avait un parc de vaches laitières pour l’armée. Et une part de la lactation, peut-être abondante en cette période, était donc vendue. Là aussi, des grossistes pouvaient profiter de prix attractifs, mais le lieu de vente (bâtiment du Saint-Esprit, au centre ville de Besançon) laisse la possibilité d’achats en petites quantités par les particuliers.10_04_1915 PC 25_03 éco armée

10_04_1915 PC 02_04 éco arméeL’armée achetait, mais vendait donc aussi. C’est encore le cas pour les chevaux de réforme (ci-contre, à droite). Trop vieux, blessés, fatigués, les régiments d’artillerie ou du train s’en séparaient d’autant que les autorités politiques avaient émis de nombreuses demandes afin de suppléer les réquisitions. Un animal de traction était indispensable pour les travaux agricoles ; même faible il rendait des services indispensables, ne serait-ce que pour les labours.

C’est ainsi que les Domaines précisent bien que seuls les agriculteurs, attestés par un papier de mairie, pouvaient acquérir ces bêtes pour leurs travaux ou pour élevage.

On trouve, dans d’autres annonces, des ventes de cuirs verts à la sortie des abattoirs municipaux travaillant pour la place militaire.

Cependant, ces ventes représentaient peu de ressources pour les Domaines. Tout au plus permettaient-elles une petite restitution aux populations réquisitionnées.10_04_1915 PC 21_04 éco armée


Mais, à travers toute la France, le montant des achats était considérable. Encore
une fois, la guerre profita à quelques-uns. Les grossistes en céréales furent de ceux-ci…

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