Louis Pergaud, disparu le 8 avril 1915.

Sa dernière lettre, datée du 7 avril.

Écrivain tant inspiré par la Franche-Comté, homme du pays, instituteur formé à Besançon, Louis Pergaud devait tenir une petite place dans ce blog.
Ses écrits nous ont familiarisés avec son amour de la nature et ses Histoires de bêtes sont inoubliables avec Goupil le Renard, Fuseline la fouine, Guerriot l’écureuil, Tasson le blaireau, Tiécelin le corbeau, Jacquot le geai ou Margot la pie . C’est qu’Il vécut plus longtemps dans des villages du Doubs qu’à Besançon ou Paris. Mais il connut la ville lors de sa formation d’instituteur à l’Ecole Normale bisontine, sise rue de la Madeleine. et il fit son service militaire à Belfort.

Né le 22 janvier 1882 à Belmont, il est certainement « tué à l’ennemi » le 8 avril 1915 à 33 ans.
Video INA : Yves Robert et François Boyer parlent de Pergaud

Depuis le 3 août 1914, sa correspondance quasi quotidienne est adressée surtout à Delphine, son épouse. On y lit ses préoccupations littéraires et son amour pour elle, mais Pergaud n’hésite pas à transcrire le quotidien des tranchées, même le plus trivial. Le 1er février, il lui écrivait  : Quelle bizarre existence on mène, mangeant quand on peut, dormant le jour, veillant la nuit ;  il n’est pas jusqu’au besoin de pisser et de ch…qui ne doive se régler militairement, car, de jour, dans la tranchée, impossible de mettre le nez dehors et moins encore le reste. Il faut prendre la nuit ses précautions et ne pas même attendre le petit jour si l’on ne veut pas s’exposer à avoir le derrière torché par les shrapnells…
Le 2 février, il continuait : …tout le jour, dans un grand bois, nos poilus ont travaillé à des fascines et à des gabions […] je me suis débarbouillé, cela ne m’étaitpas arrivé depuis cinq jours et j’ai passé une visite minutieuse de mes effets pour voir s’ils n’étaient pas habités. il n’y a rien et cela m’a fait rudement plaisir...

Et sa dernière lettre, datée du 7 avril lui est encore destinée (extraite de Louis Pergaud, Correspondance au Mercure de France. 1955) :

J’ai reçu hier de toi une bien bonne lettre, tout imprégnée d’amour, toute débordante de tendresse. Merci, mon bon petit, de m’écrire si longuement et de me dire des choses si douces au cœur, si réconfortantes…

            …Je te conterai plus tard des histoires émouvantes et terribles, et de gaies aussi… En attendant, il faut s’armer de patience et de courage.
Nous n’avons pas bougé hier encore et j’ai passé une très bonne nuit dans un bois de lit rempli de paille avec mon sac de couchage, une couverture et un oreiller.
Il a plu toute la nuit. Mais, aujourd’hui, il n’est encore rien tombé. Le canon gronde toujours à côté de nous et la fusillade crépite.Les Boches ont essayé vainement de nous canarder, mais leurs obus à bout de souffle venaient péniblement renifler dans la terre à 50 mètres du village. Ce qu’ils devaient rager. 

À demain, ma chérie, je te prends dans mes bras et je t’embrasse de toute mon âme, de toues mes forces et de tout mon coeur.

Pergaud ficheLa fiche de Louis Pergaud, sur Mémoire des Hommes a été répertoriée avec pour premier prénom, Émile ; Louis, surmonté d’un numéro 1, est cependant reconnu comme premier prénom.

Porté disparu à Fresnes-en-Wöevre le 8 avril 1915, à l’Est des Éparges, dans la Meuse.

La malle du militaire Louis Pergaud

Un web documentaire interactif et évolutif sur Louis Pergaud.

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