L’Hartmannswillerkopf toujours objet de durs et stériles combats…

… Et des soldats de Besançon y sont aussi « tués à l’ennemi ».

Le Petit Comtois du 31 mars 1915

31_03_1915 PC HartmannsLe Démocrate de Delémont (Suisse jurassienne) d’où est tiré l’article ci-contre, est un journal suisse nettement partisan de la France et la lecture de ces lignes ne peut que nous en convaincre. Bertrand Schnetz (1875-1932) en était le directeur depuis 1902 avant d’en devenir propriétaire en 1917. Auparavant, il avait vécu 6 ans à Paris et son attachement à la France doit beaucoup à ce séjour.

31_03_1915 PC Hartmanns 2La façon dont l’action des troupes françaises est décrite ne laisse aucun
doute sur le parti pris du rédacteur.

À l’Hartmannswillerkopf, ou Vieil Armand, du 22 au 26 mars, les assauts pour la domination du sommet s’amplifient. Commencée le 19 janvier, cette
bataille
devait durer toute l’année 31_03_1915 PC Hartmanns 31915.  Un régiment, le 15-2, supporta l’essentiel des efforts français lors des combats de mars-avril.

La ténacité des assaillants français du 152e Régiment d’Infanterie leur valu le surnom de «diables rouges » donné par leurs ennemis.

Et c’est dans cette appellation que l’on peut comprendre  ces vains et effroyables combats car la position du Vieil Armand ne présentait pas une valeur stratégique indispensable. Si, par cette appellation, les régiments bavarois opposés au quinze-deux français ont eu une forme de reconnaissance envers leurs ennemis, c’est bien sûr pour honorer leur bravoure et leur ténacité, mais aussi pour s’attribuer les mêmes qualités  selon l’adage « à vaincre sans péril, on triomphe sans gloire ».

Et c’est aussi parce que, de part et d’autre, on était pris dans l’engrenage de cette guerre et qu’il était insupportable d’avouer son impuissance à vaincre alors que tant d’hommes étaient déjà morts pour une hypothétique victoire sur ce ballon d’Alsace ; il fallait donc tenir ou avancer malgré le danger afin de ne pas démoraliser les troupes. C’est l’insupportable idée d’un combat à  mort sans intérêt territorial véritable, uniquement pour ne pas apparaître plus faible que l’ennemi, espérant ainsi atteindre son moral et sa capacité de résistance.

Mais, des deux côtés, on fit preuve du même acharnement et les avancées des uns et le recul des autres se firent en alternance.

L’Historique du 152e RI, pompeux et glorifiant, retrace ainsi l’épisode des 22-26 mars 1915 : le 22 mars, à l’aube d’une belle journée glaciale, le 15-2 reçoit l’ordre d’attaquer. Le 1er bataillon a pour objectif la crête de l’Hartmannswillerkopf, le 2e les pentes nord et le 7e Bataillon de chasseurs alpins, les pentes sud. Le 3e bataillon reste en réserve.
L’attaque est précédée d’un bombardement précis et formidable. Au-dessus de nos lignes, les obus de 200 passent avec un long bourdonnement et s’abattent sur les tranchées boches, où ils éclatent en volcans. Le sommet de l’Hartmannswillerkopf est comme en proie à une éruption. L’artillerie allemande répond sur nos tranchées. À travers la fumée et les flammes, des sapins entiers,  des blocs de granit sont projetés pêle-mêle avec des corps humains et retombent lourdement. La montagne tremble. Enfin, 15mn avant l’attaque, des rafales de 75 sifflent et crépitent sur toute la crête. L’ouragan d’artillerie est à son paroxysme. […] C’est alors que nos fantassins bondissent, la baïonnette haute, à l’assaut de la forteresse. À travers le fouillis des réseaux de barbelés à-demi détruits, des tranchées effondrées, l’enchevêtrement des sapins abattus, ils pénètrent de tous côtés, comme un flot, dans la position ennemie… […]

En garnison à Gérardmer, le 152e (ou 15-2) ne manquait pas de recrues venues de Besançon. C’est pourquoi on peut faire figurer ci-dessous, en exemple, les fiches de quatre soldats du 152e RI, tués à l’ennemi entre le 23 ou le 26 mars 1915. Tous ont été recrutés à Besançon et l’un y est né. Le plus jeune, BLANC Louis avait 24 ans, les trois autres 26 ans : FOUCAUT Edouard, GLAIVE Claude, GUYON  Charles.Hartman_compo 23

Et jusqu’en décembre, ce régiment dut affronter les contre-attaques allemandes, reculer puis remonter sur la crête. Au prix de pertes considérables, il se maintint au sommet du Vieil Armand.

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