Le Parlement entend reprendre le contrôle du Gouvernement

Le Petit Comtois du 17 janvier 1915 et l’Éclair Comtois du 15 janvier 1915

17 _01_1915 PC parlementarisme 1Autant la situation exceptionnelle d’août à décembre 1914 avait-elle conduit au consensus politique en faveur d’une discrétion du pouvoir législatif au profit de l’exécutif et, en raison des circonstances militaires,  au profit également du haut commandement, autant le retour à Paris des Chambres et du Gouvernement rétablissait-il naturellement le fonctionnement démocratique des institutions. À savoir, le Parlement se devait de reprendre le contrôle du Gouvernement.

17 _01_1915 EC parlementarisme 3Mais tous les élus ne l’entendaient pas ainsi. Un extrait de l’Éclair Comtois du 15 janvier à propos du débat au Sénat montre comment le sénateur Dominique Delahaye (1889-1940), fervent catholique et antirépublicain (il était royaliste) s’était opposé à ce retour du contrôle sur le Gouvernement. Il ne concevait pas un pouvoir exécutif autrement qu’autoritaire. Le billet du 20 janvier montrera que l’antiparlementarisme restait vif chez certains en citant une tribune du député du Calvados, Jules Delafosse dans l’Éclair Comtois.

Arguant que le débat parlementaire se perdait en bavardages, il eut préféré un exécutif fort sous prétexte d’efficacité. Ces élus pleins de certitudes sont encore bien représentés au Parlement. Clemenceau aurait pu répéter ce qu’il disait en 1888 lors d’une intervention de Boulanger : « Gloire aux pays où l’on parle, honte aux pays où l’on se tait ».17 _01_1915 PC parlementarisme 2 Mais Deschanel, le Président de l’Assemblé Nationale trouva les mots qui préservaient l’Union sacrée et le fonctionnement parlementaire : « la sagesse de la Chambre saura concilier l’unité morale de la France, avec son devoir de contrôle ».

Une des questions essentielles concernait aussi la relation entre le pouvoir exécutif et le pouvoir militaire. Jusqu’à ce début d’année 1915, le Gouvernement avait laissé une large liberté de décision au Grand Quartier Général et donc à Joffre. Celui-ci allait conserver un prestige notable et une initiative difficilement évitable. Cependant, dès 1915, le Parlement finira par convoquer des chefs militaires devant des commissions parlementaires, affirmant ainsi l’autorité civile sur l’autorité militaire. Le ministre de la guerre, Alexandre  Millerand, avait un rôle important dans cette relation avec les militaires. Et faisant preuve de docilité avec eux, cela lui vaudra de perdre ce portefeuille avec le changement de Gouvernement en octobre 1915.

Ainsi, la France réussira-elle à faire fonctionner, bon an mal an, les institutions démocratiques pendant toute la guerre. Les libertés souffriront tout de même jusqu’en 1918 avec la censure et la propagande.

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