Besançon : La cérémonie du 1er novembre 1914…

est empreinte de la douleur des deuils militaires récents.

Le Petit Comtois du 2 novembre 191401_02_11_1914 cérémonie 1er nov

Le premier novembre, fête catholique de tous les saints,  suivi, le deux, du jour des morts est fixé à la même date depuis  le Haut Moyen-Âge. La République, après 1870, a développé une cérémonie patriotique pour honorer les morts de la guerre franco-prussienne, non pas le jour des morts, mais la veille car la Toussaint était déjà jour férié.

À Besançon, comme dans tant d’autres lieux, ce 1er novembre 1914, on honore aussi  les premiers morts de cette terrible guerre qui ne fait que commencer.

Il a déjà été écrit que les jeunes bisontins tués à l’ennemi avaient été très nombreux en août et septembre. Si l’on y ajoute les pertes du mois d’octobre, le livre d’or de Besançon des morts pour la France nous permet d’en comptabiliser 202 pour ces trois premiers mois de guerre : 72 en août, 105 en septembre et 22 en octobre. Quelques décès, certainement, n’étaient pas encore connus par les familles, et rares étaient les sépultures de ces jeunes hommes à Besançon, les soldats tués étant la plupart du temps inhumés à proximité des champs de bataille.  Mais le rédacteur qui rend compte de cette cérémonie note : « … les soldats morts pour la patrie de puis le commencement des hostilités. Ils sont là près de deux-cents qui dorment leur dernier sommeil… » Ces soldats sont d’une autre origine que bisontine. Beaucoup sont morts dans un hôpital de la ville après avoir été blessés quelque part au front. Ils sont inhumés dans un des cimetières de la cité, loin de leur pays natal et des êtres qui leur étaient chers. 01_02_11_1914 cérémonie 1er nov 2 La remarque de l’auteur est faite pour le cimetière du quartier Saint-Claude (extrait ci-contre).  Les soldats enterrés y sont les plus nombreux car c’est le cimetière le plus récent offrant donc le plus de places. Celui des Chaprais est déjà très occupé et les concessions civiles y sont nombreuses. Quant à celui de Champ-Brûlé (ou Bruley), il est petit, déjà utilisé par les protestants et plus de 2000 soldats et officiers de la guerre de 1870-1871 y sont inhumés.

Ce 1er novembre 1914, tous les notables qui le peuvent sont présents.01_02_11_1914 cérémonie 1er nov 3 Le préfet,  un sénateur, des généraux et commandants, tout le conseil municipal, le président de la cour d’appel et bien d’autres sont accompagnés par les sociétés locales et leurs drapeaux avec crêpe noir. Le président des vétérans de 1870, celui des conscrits de 1915 assurent une part des discours en plus du préfet et du général commandant la VIIe région militaire. Le patriotisme emplit les propos des uns et des autres, mais la gravité et l’émotion dominent cette cérémonie.

Ce 1er novembre 1914, on poursuivait un rituel républicain commencé après la guerre de 1870 et calqué sur la fête catholique. Cinq ans après, ce serait le 11 novembre 1919 que l’on commencerait à  honorer les morts pour la France, le jour anniversaire de l’armistice avec l’Allemagne. À Besançon, ville qui compte alors 55 000 habitants, on recensera 1531 morts pour la France pour toute la durée du conflit de 1914 à 1918.

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