L’Union sacrée consolidée face aux périls…

… Mais la critique politique est prête à s’animer.

Le Petit Comtois du 30 août 1914

18_30_08_1914 Union sacrée encoreLes journaux, y compris le Petit Comtois, redoublent de patriotisme lors de ces premiers mois de guerre. Et les unes sont riches d’articles et autres tribunes appelant à l’Union, au courage, à la solidarité… galvanisant les troupes, mais aussi l’arrière car le péril d’une nouvelle invasion, comme en 1870, est bien là. Et les mieux informés sont conscients des risques lorsqu’ils connaissent, à cette date,  le recul des troupes françaises au Nord. Ainsi, le rédacteur de cet article, signé S, écrit-il plusieurs tribunes avec le même titre : l’Avenir est à nous.

18_30_08_1914 Union sacrée encore 2En titrant sur l’avenir, il montre sa foi dans la victoire et veut persuader ses lecteurs que le pays a les moyens pour vaincre et l’UNION SACRÉE n’en serait pas le moindre.

Le peuple belge est donné en exemple. Depuis huit jours, la Belgique est quasiment sous le contrôle allemand, même si Anvers résistera jusqu’en octobre et si une étroite bande de terres de Flandre occidentale retiendra le front allemand tout au long de la guerre. Mais le courage des Belges et les efforts désespérés de l’armée ont permis aux Français de se préparer à affronter les armées allemandes.

Le contexte de cet article est celui du large remaniement du Gouvernement Viviani. Ce nouveau Gouvernement est composé d’hommes politiques de toute tendance comme le prévoit l’Union sacrée. Et le chroniqueur s’enthousiasme devant l’abnégation de certains d’entre eux ayant accepté de céder leur place pour que toutes les tendances soient représentées. L’homme d’État considérable et d’une particulière autorité qui a renoncé à un ministère … c’est Clemenceau.

Georges Clemenceau a 73 ans quand éclate cette guerre qu’il a prévue sans la souhaiter. Il se satisfait de l’Union sacrée et cesse son opposition à R. Poincaré, le Président de la république. C’est Aristide Briand qui est venu trouver Clemenceau lors du remaniement afin de lui offrir un ministère.  Mais Georges Clemenceau a refusé car il n’aspirait qu’à la Présidence du Conseil. Toutefois, il savait que ce n’était pas le moment, il connaissait son impopularité dans le monde ouvrier depuis la répression des grèves et manifestations qu’il avait décidée en 1906-1909, lors de son Gouvernement. Il craignait de diviser alors que l’Union sacrée lui paraissait nécessaire.

En ce mois d’août 1914, Clemenceau reste un journaliste avec son propre journal, L’homme Libre. Il ne passe rien à Viviani, Briand ou Ribot. C’est lui qui redonnera au Parlement son rôle de contrôle à partir de déc. 1914. Tenace et critique, plus que les socialistes qui sont désormais impliqués directement dans le Gouvernement avec Jules Guedes comme ministre d’État et Marcel Sembat au ministère des Travaux publics. Ce dernier avait pour directeur de cabinet, Léon Blum.

Son journal sera suspendu le 28 septembre, moins pour des raisons politiques que pour avoir souligné des lacunes dans le service sanitaire aux armées.

Il lance alors l’Homme enchaîné, immédiatement saisi, mais il pourra faire reparaître l’Homme Libre en octobre.18_30_08_1914 L'homme enchaîné

18_30_08_1914 Union sacrée encore 3 Ainsi, l’Union sacrée, déjà admise par beaucoup d’hommes politiques et avant la mobilisation et la déclaration de guerre, donc avant l’appel de Raymond Poincaré, fait l’unanimité dans le pays et dans la classe politique.

Elle apparaît comme vitale. C’est en effet une question de survie pour la France qui ne veut ni ne peut imaginer une seconde défaite face à l’Allemagne. Un important effort de guerre a été entrepris, le réarmement, la loi de trois ans, les hausses budgétaires sont dans la mémoire de tous. Et un tel effort ne peut pas ne pas aboutir à un succès. On sait que cela est cependant possible, mais la volonté d’empêcher cette issue fatale est plus forte que jamais. Le courage des soldats qui meurent en très grand nombre dans les premiers mois du conflit l’atteste, la mobilisation des femmes et de toutes les bonnes volontés le confirme dans cette guerre totale.

Le même courage, la même détermination, la même croyance en une guerre juste existent chez l’ennemi. Ces volontés face à face expliquent la violence du choc et sa durée.

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