Et le Gouvernement créa les cartes postales militaires…

Le Petit Comtois du 22 août 1914

Contenu du verso de la carte ci-contre: sans corrections.carte en franchise sept 19140001

Besançon, 24/09/1914
Chers parents,
J’ai reçu la carte d’_____ ce matin,
elle vous a donné surement des détails sur mon voyage.
Je pense que vous avez reçu une lettre que je vous ai envoyé ma lundi.
Nous ne partirons pas maintenant
pour le Valdahon  à ce qu’il paraît.
Je termine en vous envoyant
mes plus affectueux embrassements.

Ainsi écrit Joseph Sylvestre, né en 1894, fils de paysan d’Esprels (Haute-Saône), quelques jours après qu’il eut été mobilisé et en route pour sa préparation au camp de Valdahon. La belle écriture déliée, quoiqu’au crayon de papier, est soignée comme souvent l’était celle des gens de l’époque. On la retrouve dans la carte du 19 janvier 1915, au bas de ce billet, quand il note son grade de sergent d’un groupe cycliste de la 8e division de cavalerie.

Joseph sera envoyé au front en janvier 1915 et il trouvera la mort à Douaumont le 25 février 1916, au début de la grande bataille de Verdun.

14_22_08_1914 cartes postales 1L’édition du Petit Comtois du 22 août informe ses lecteurs d’une initiative gouvernementale qui aura un succès grandissant au cours de ce conflit : les cartes postales spéciales à usage des militaires et de leurs correspondants. 

Ces cartes en franchise postale ne servaient que partiellement aux soldats et à leurs correspondants pour transmettre des nouvelles. Systématiquement lues par la 14_22_08_1914 cartes postales 2censure, leurs auteurs le savaient et n’écrivaient pas la même chose que dans les lettres fermées et acheminées autrement à leurs destinataires, parfois confiées à un proche permissionnaire.

Mais très utilisées par beaucoup de soldats et de leurs proches, elles permettent de suivre les mouvements (sans précisions géographiques) du poilu passant des premières lignes du front aux deuxièmes, puis au repos en troisième ligne. Si l’on y trouve peu de confidences (puisque le secret de la correspondance faisait défaut), le suivi régulier des échanges permet tout de même de se faire une idée de l’état d’esprit du combattant. On devine, derrière les mots, la solidité ou la fragilité du moral. Des faits anodins, lorsqu’ils se répètent, sont lourds de sens. Ainsi, le reproche pour un paquet demandé et non reçu révèle souvent autre chose qu’une simple impatience.

Ci-dessous, carte écrite le 19 janvier 1915 depuis le front en Champagne. Sylvestre et sa compagnie prenait leur repos au camp de Suippes. Carte arrivée à Esprels le 25 janvier.carte en franchise 19150002

 

Lire aussi : La carte postale média de masse en 1914

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