Les premières dents de l’engrenage vers la guerre…

Le Petit Comtois des samedi  25 et dimanche 26 juillet 1914

L’ultimatum autrichien après Sarajevo = la guerre annoncée.

25_07_1914_ ultimatum autrichien 1C’est le 25 juillet que le Petit Comtois peut informer de l’ultimatum adressé par l’Autriche –Hongrie à la Serbie en date du 23 juillet. C’est le 24 que les grandes capitales européennes (Berlin, Londres, Rome, Petersbourg, Constantinople, et donc Paris) reçoivent une note concernant cet ultimatum et savent alors à quoi s’en tenir. Quelles décisions prendre ? Pour les uns l’angoisse monte dans l’hésitation, pour les autres la guerre et l’action les occupent déjà.

Les acteurs directs:
le comte Berchtold pour l’Empire d’Autriche-Hongrie. Avec le vieil Empereur François-Joseph, c’est lui, en tant que ministre des Affaires étrangères, qui est à l’origine de l’ultimatum à la Serbie et des 48 h de délai pour y répondre. Pour lui, sans acceptation totale, la guerre était déclarée. La Serbie était considérée comme responsable de l’attentat contre l’archiduc  héritier.
le comte Tisza, premier ministre de Hongrie. Il est  uni au précédent dans l’Empire d’Autriche-Hongrie. Leur accord n’est qu’une formalité même si le premier voulait la guerre contre la Serbie sans passer par la voie diplomatique alors que Tisza réprouvait ce choix.
– Nicola Pachitch premier ministre de Serbie dans cette monarchie constitutionnelle. Malgré l’aspect déshonorant de l’acceptation de l’ultimatum, Pachitch répondit dès le 25 juillet et obtempéra aux conditions imposées, sauf l’introduction des commissaires autrichiens en Serbie pour y poursuivre des suspects de terrorisme. Le soir même, le pouvoir serbe est déplacé de Belgrade à Nich, plus au sud en raison des mouvements de troupe autrichiens à la frontière. Un appel à l’aide est envoyé au tsar de Russie.

25_07_1914_ ultimatum autrichien 4À Vienne comme à Budapest, tout annonce la guerre imminente. Les préparatifs militaires s’accélèrent, la presse est déjà censurée à propos des mouvements de troupes.  À Budapest, on reconnaît que l’ultimatum est si énergique et corsé qu’il ne peut être accepté par la Serbie, donc la guerre est plus que vraisemblable. C’est dès le 25 juillet que les diplomates austro-hongrois quittent Belgrade.

25_07_1914_ ultimatum autrichien 3On peut être surpris de lire que le 1er ministre de Hongrie est convaincu qu’aucun Hongrois ne fût prêt à tout faire pour la patrie. Car, en l’occurrence, la patrie est l’Autriche-Hongrie en entier avec ses multiples nationalités qui, comme les Hongrois, n’ont pas un sentiment national ou patriotique pour l’ensemble de l’Empire et particulièrement pour la partie germanique autrichienne.

25_07_1914_ ultimatum autrichien 5Quant à Belgrade, l’agitation n’y est pas moindre, avec rassemblement des troupes dans les gares et appel des réserves. La mobilisation, sans être officielle, est commencée.

Ainsi, les premiers acteurs dans l’ordre chronologique ont commencé leur mobilisation ; Autriche et Serbie sont presque en guerre. La rupture de leurs relations diplomatiques est un fait accompli le 25 juillet.

25_07_1914_ ultimatum autrichien 6Mais croyait-on à une conflagration européenne ? Les grandes puissances : Russie,  Allemagne, France, Angleterre, Italie, n’ont pas encore une position déclarée officiellement. Mais on peut lire dans le Petit Comtois du 25 juillet : en cas de conflit, l’Allemagne soutiendra son alliée, se conformant ainsi au traité qui existe entre l’Autriche et elle. On sait que Vienne n’a montré son intransigeance vis à vis de la Serbie qu’après avoir reçu l’assurance du soutien allemand en cas d’extension du conflit avec la Russie. Ce soutien semble déjà évident pour les journalistes et pourtant, la presse allemande n’est pas alors unanime sur ce point.

C’est pourquoi, si dans la presse comme dans l’opinion, on espère encore une solution diplomatique, bien peu la considère comme crédible.

25_07_1914_ ultimatum autrichien 8Pour la France et malgré leur absence, M. Viviani, chef de gouvernement et ministre des Affaires étrangères, et R. Poincaré suivent de près les événements, grâce au télégraphe. En Russie, qu’il vient de quitter, le chef de l’État français a parlé de parfaite communion de vue sur les divers problèmes  que le souci de la paix générale et l’équilibre européen posent devant les puissances….

26_07_1914_ ultimatum 5 RussieL’appui français est interprété par la diplomatie russe comme un engagement. En attendant, la Russie demande à ce que le délai de l’ultimatum autrichien soit rallongé, mais soutient nettement le gouvernement serbe et se considère comme provoquée indirectement par l’Autriche-Hongrie.

26_07_1914_ ultimatum 3Pour l’Italie, le Petit Comtois du 26 juillet signale déjà les hésitations du gouvernement à s’engager aux côtés de l’Autriche-Hongrie.

L’Angleterre espère encore en la modération allemande et en son influence pacifique sur son allié austro-hongrois.

Ainsi, l’engrenage des systèmes de la Triple Alliance et de la Triple Entente amorce-t-il son mouvement. 

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