Un résumé des tensions en Europe après Sarajevo… Mais un résumé partisan.

Par L. Cordelier

Le Petit Comtois du 13 juillet 1914

13_07_1914_ Tensions européennes 1Après avoir parlé de détente  possible le 9 juillet, L. Cordelier en revient à une analyse beaucoup plus prudente de la situation européenne après l’attentat de Sarajevo contre l’archiduc héritier d’Autriche, François-Ferdinand, témoignant ainsi des inquiétudes qui montent.

Logiquement, il commence par les Balkans où tout s’agite depuis des années et où les grandes puissances voisines attisent le feu avec leurs ambitions. Ainsi parle-t-il de l’Autriche-Hongrie et de l’Italie. Mais il se garde bien de citer la Russie, pourtant très engagée dans son soutien à  la Serbie et son panserbisme qui rejoint le panslavisme russe.13_07_1914_ Tensions européennes 2

Selon Cordelier, la péninsule balkanique aurait été soumise à deux forces non opposées : au Sud, celle des Grecs avec leur volonté de rassembler tous les Hellènes dans un même État (panhellenisme) ; au centre, les Serbes avec la même volonté de rassemblement des Slaves des Balkans et surtout des Serbes (panserbisme).

Ces forces, il les désigne ironiquement comme des monstres terrifiants pour l’Autriche et l’Italie qui s’emploient à les réduire en les empêchant de s’étendre territorialement. Ainsi l’Autriche-Hongrie a-t-elle annexé la Bosnie-Herzégovine en 1908 et voulu la création de l’Albanie en 1913 pour empêcher l’extension serbe vers la mer Adriatique. L’Italie n’a guère apprécié l’extension autrichienne sur ces côtes dalmates qu’elle convoite aussi. C’est une des raisons de l’innocent tour de valse qu’elle fit avec la France quelques temps avant malgré son engagement dans la Triplice. Mais elle n’a pas été opposée à la création de l’Albanie à partir du moment où cela gênait le panhellénisme.

13_07_1914_ Tensions européennes 3Cordelier poursuit en invoquant une rumeur d’attentat serbe contre Guillaume II, rumeur assez farfelue, mais qui lui permet de parler, une fois de plus, de la presse allemande qui pousse Vienne à la guerre contre Belgrade.

13_07_1914_ Tensions européennes 4L’inquiétude gagne donc toute l’Europe car chaque État surveille les réactions des uns et des autres, sachant que les principaux13_07_1914_ Tensions européennes 5 sont liés par des alliances ou des ententes qui pourraient les obliger à l’action guerrière.

Il a raison de rappeler que l’Autriche a toujours songé à dominer la Serbie, Assurément, elle agite la menace d’une guerre contre la Serbie et Cordelier envisage bien l’avenir quand il écrit qu’elle prépare un de ces bons petits ultimatums qui fera rentrer sous terre tous les Serbes de Serbie. Ce sera fait le 23 juillet.

Mais il a les yeux d’un Français méfiant quand il attribue à l’Allemagne la volonté d’une guerre préventive pour dominer l’Europe.

13_07_1914_ Tensions européennes 6En fait, il prête à l’Italie, à l’Autriche et à l’Allemagne la peur de l’autre, mais lui-même en tant que Français a la même peur qui peut conduire à la guerre.

Concluons en admirant le brillant résumé de la situation balkanique et de ses prolongements fait par Cordelier à 14 jours de la déclaration de guerre ; mais en prenant soin de souligner ses lacunes : rien sur la Russie ou sur la France qui ne seraient que d’innocents États victimes des ambitions des autres. Rien sur la population serbe qui s’est réjouie de l’attentat de Sarajevo, attisant la réaction autrichienne. Un point de vue partisan.

Votre commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l’aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l’aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l’aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l’aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s