Détente dans la confrontation austro-serbe ?

L’éditorialiste en parle avec prudence dans le Petit Comtois du 9 juillet 1914.

09_07_1914_ détenteAinsi, une dizaine de jours après l’attentat de Sarajevo, le risque de guerre semblait s’éloigner. La virulence de la presse austro-hongroise et allemande après le 28 juin, avait attisé la haine de foules décidées à en découdre avec les Serbes.

Les autorités semblaient alors calmer le jeu. La presse elle-même réduisait ses attaques contre la Serbie et contre la Russie solidaire des Slaves des Balkans, convenant qu’il ne fallait pas exciter les passions entre l’Autriche et la Serbie.

09_07_1914_ détente 2L. Cordelier descelle
une volonté d’apaisement et nourrit l’espoir que la paix européenne sera une fois de plus sauvegardée.

09_07_1914_ détente 3Ensuite, il montre que toute inquiétude n’a pas disparu car des journaux pangermanistes et hongrois continuent à prétendre que le bras armé de Prinzip était téléguidé directement par Belgrade. Certains élargissent même ces responsabilités à tout le panslavisme et aux Russes.

Aussi, appelle-t-il à la vigilance, d’autant que des informations filtrent comme quoi les troupes autrichiennes et leur armement seraient renforcés à la frontière serbe.

09_07_1914_ détente 4De même, il doute et se méfie des concessions pour la paix faites par les Autrichiens  l’année précédente. Le traité de Bucarest, signé en août 1913, avait mis fin à la deuxième guerre balkanique entre Bulgarie d’un 09_07_1914_ détente 5côté et Roumanie, Grèce, Serbie et Monténégro de l’autre. Or ce traité avait été avantageux pour la Serbie qui s’agrandit alors au sud vers Novi Pazar et sur la Macédoine avec Skopje (actuelle République indépendante depuis 1991). Ce renforcement territorial  de la Serbie n’était pas du goût des Autrichiens, c’est pourquoi L. Cordelier craignait que le Traité de Bucarest ne fut déchiré.

Doutant enfin des capacités de François-Joseph et du nouvel archiduc héritier de résister aux va-t-en-guerre, il estime qu’il faut se tenir prêt à toute éventualité, même si la paix est son espérance.

Voici une tribune de presse qui laisse entendre que la paix était encore possible entre Autriche-Hongrie et Serbie au début juillet 1914. L’attentat de Sarajevo avait aggravé le ressentiment des uns contre les autres, mais n’était pas plus une cause de guerre que d’autres événements précédents. Toutefois, le titre de cette tribune aurait gagné en clarté si le mot détente avait été suivi d’un point d’interrogation, car son auteur reste plus que précautionneux en parlant d’espérance de paix.

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