On commence sérieusement à craindre la guerre …

….L’éditorial du Petit Comtois du 3 juillet 1914 commence à être alarmiste.

 03_07_1914_Bosnie_SerbesCet éditorial du 3 juillet commence par montrer la vanité et la petitesse du débat parlementaire sur la Représentation Proportionnelle par rapport au risque de guerre que l’on pressent entre Autriche et Serbie, et peut-être au-delà, à la suite du meurtre de l’archiduc François-Ferdinand.

Tout ce qui suit se rapporte à la presse des pays protagonistes : Autriche-Hongrie,  Allemagne et Serbie.

03_07_1914_Bosnie_Serbes 2Le pire du nationalisme surgit alors dans les journaux autrichiens. Si le Petit Comtois est bien informé, les tensions qui en découlent vont jusqu’aux meurtres des Serbes en Bosnie-Herzégovine.  Cette province balkanique annexée par l’Autriche en 1908 est peuplée de Croates catholiques, de Bosniaques musulmans et de Serbes orthodoxes. Dans cette affaire, les Croates sont vraisemblablement les plus faciles à manipuler et à pousser à la violence interconfessionnelle, mais les musulmans peuvent l’être aussi. Cette violence réapparue de nombreuses années plus tard, pendant la deuxième guerre mondiale et, plus près de nous, à partir de 1992, lors de la dislocation de la Yougoslavie. Mais alors, les plus virulents seront des Serbes. La mémoire des exactions a une terrible durée de vie.

03_07_1914_Bosnie_Serbes 3La presse autrichienne pousse à la guerre en accusant le gouvernement serbe d’implication direct dans l’attentat réalisé par Prinzip. La Serbie, pour éviter que la tension ne dégénère, fait profil bas en regrettant l’attentat de dimanche (28 juin 1914), alors que Vienne exige de Belgrade la  poursuite des complices des meurtriers. Le ministère des 03_07_1914_Bosnie_Serbes 4Affaires étrangères serbe communique alors à Vienne sa volonté de tout faire pour empêcher des attentats.

C’est en croisant la presse autrichienne et la presse allemande que le Petit comtois appréhende le mieux le risque de guerre naissante. En effet, les pangermanistes s’en donnent à cœur joie et excitent l’Autriche à la réaction ferme. Et c’est en citant leurs journaux que le quotidien du Doubs pointe les accusations graves formulées contre les Serbes, toutes suffisantes pour un casus belli.

Et l’éditorialiste de conclure avec clairvoyance que ces provocateurs endossent une bien lourde responsabilité… vis à vis d’un conflit dont il est impossible de prévoir la portée. Ce sont bien les comportements nationalistes débridés qui poussent à la guerre.

Un appel à la sagesse autrichienne et à son vieux souverain lui semble la dernière chance d’éviter la guerre.
On sait que, dans les jours suivants, Vienne s’assurera du soutien allemand avant de lancer, le 23 juillet, un ultimatum inacceptable à la Serbie, provoquant rapidement le début des combats.

03_07_1914_Bosnie_Serbes 5Dans la rubrique « dernière heure », en p.3, on retrouve des brèves inquiétantes sur ce qui se passe en Allemagne et en Autriche. Comme cette manifestation d’officiers hongrois contre la Serbie (cf. supra)

L’édition du Petit Comtois du 4 juillet commence par la tribune de L. Cordelier. il analyse toutes ces informations et écrit : « au lieu que l’Allemagne modère les ardeurs belliqueuses de son alliée, comme au cours des tensions austro-serbes des deux dernières années, c’est de Berlin aujourd’hui que part le cri de guerre et que l’hallali sonne. Estimerait-on à Berlin que l’heure est bonne de précipiter l’Europe dans un formidable égorgement […] Nous ne saurions rester spectateurs de cette monstrueuse agression. »

Tout est dit.

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