La campagne électorale des législatives de 1914 (1)

Le Petit Comtois des 4, 6, 7, 10 et 12 mars 1914

À partir de mars, le Petit Comtois consacre une place notable à la préparation des élections législatives du printemps 1914. Ces élections ont lieu le 26 avril et le 10 mai 1914. Le Petit Comtois s’engage pleinement pour le parti radical-socialiste. La campagne électorale est classique, faite d’affrontements sans concession et parfois virulents.

  • PC 04_03_1914 prépa électionsLocalement, en Bourgogne Franche-Comté, le parti radical se réunissait le 3 mars pour déterminer une tactique électorale.
    L’union des forces de gauche est prônée, tout en laissant aux fédérations locales le choix des désistements à faire ou non. Cette tactique est adoptée aussi par la SFIO ; Memorial 14-18 l’a bien résumée dans un article de son blog.
    L’adversaire, pour ces élections législatives, demeure la droite réactionnaire, catholique, voire monarchiste. Le Petit Comtois du 23/02, nous a appris que l’organisation d’un parti catholique n’effrayait pas les radicaux et Clemenceau s’est fort bien exprimé à ce propos. La droite réactionnaire ne faisait plus le plein de voix depuis longtemps et n’inquiétait donc pas trop la gauche.PC 07_03_1914 féd des gauches BriandC’est bien plutôt la Fédération des gauches fondée par A. Briand et A. Millerand qui chagrine le plus la gauche radicale-socialiste. Ceux-là se disent aussi républicains de gauche, socialistes et, à ce titre, recherchent  les mêmes électeurs que les radicaux socialistes. Mais ils pactisent avec la droite libérale sur de nombreuses questions comme la loi de trois ans ou même, pour certains, le rejet ou au moins le report d’un impôt sur le revenu. Ils ne soutiennent pas le gouvernement de gauche de Doumergue. Aussi, le Petit Comtois est-il virulent contre les têtes de cette Fédération ; Briand est souvent l’objet d’une critique violente.

 

  • PC 10_03_1914 contre les cléricauxÉvidemment, les adversaires  traditionnels et traditionalistes  prennent aussi des coups de la part du Petit Comtois. Nous avons écrit que Clemenceau (article du 23 février du PC) ne les craignait pas en raison de l’impopularité  de leur conservatisme, et de leurs vues réactionnaires. Ainsi, le 10 mars, rappelant les objectifs les plus cléricaux pour mieux les déconsidérer, la chronique politique du journal taillait en pièce ces adversaires du radicalisme en insistant sur leurs divisions internes entre intransigeants et libéraux. Ces derniers étant qualifiés d’hypocrites.
  • À l’Assemblée Nationale, des détails de fonctionnement sont encore votés comme celui de la fourniture des enveloppes par l’administration. 1914 fut la 1ère année où la liberté et le secret du vote furent totalement respectés.

 

    • PC 12_03_1914 contre laDépècheLocalement, les organes de presse s’affrontent dès que l’occasion se présente. À Besançon, le Petit Comtois (gauche radicale) et la Dépêche (droite libérale) se répondent régulièrement par des articles critiques sur les positions des uns et des autres ou sur l’activité des élus de chacun des deux partis.

    Le 12 mars, après la venue de deux ministres importants, membres du parti radical-socialiste, Albert Métin, ministre du travail et de la prévoyance sociale, et Maurice Reynaud, ministre de l’agriculture, le Petit Comtois répond à la Dépêche qui accusait ces ministres d’un gouvernement de gauche d’avoir utilisé leur passage dans le Doubs pour faire des pressions électorales en vue des législatives proches.  Tous deux avaient participé à de grandes manifestations agricoles à Besançon et à Ornans le dimanche 8 mars.

    Le Petit comtois se fait un plaisir de rappeler le nom du propriétaire de ce journal, le Marquis René de Moustier, grand aristocrate du pays de Rougemont, châtelain de Cubry. L’homme est influent, élu député du Doubs depuis 1889, il est  aussi président du Conseil général depuis 1913. C’est un républicain libéral, mais son passé bonapartiste le marque nettement à droite.  Dans l’entre-deux-guerres, son fils Leonel de Moustiers lui succédera à ces fonctions, mais  sera plus profondément républicain.

    Le billet du Petit Comtois accuse la presse adverse de mauvaise humeur. Mauvaise humeur qui viendrait du mécontentement de ne plus avoir de ministères et de moyens gouvernementaux pour exercer leur influence depuis que la droite a perdu le pouvoir avec la chute du ministère Barthou en décembre 1913.

    Les coups sont directs, les adversaires ne se ménagent pas.

    La suite… avec le Petit comtois du 14 mars 

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