Hippophagie

Le Petit Comtois du 10 février 1914

Il faut avoir fait des études de lettres classiques pour employer un tel mot à l’étymologie grecque, hippophagie. Ou bien, il faut vouloir susciter chez le lecteur un rapprochement avec anthropophagie, terme plus connu, et ainsi montrer son aversion pour la consommation de viande de cheval. En tous cas, ce titre retient l’attention en raison d’une actualité française et européenne récente.
Depuis un an deux scandales ont affecté les boucheries chevalines en France et même dans une partie de l’Europe. Or, bien avant cela, la consommation de viande chevaline avait baissé si l’on se réfère à la fin du XIXe siècle et à la veille de 1914.

PC 10_02_1914 hippophagie 1

Le 9 février  1914, à l’occasion d’une réunion de la société d’Agriculture du Doubs, une conférence sur l’hippophagie était donnée par un dénommé Prevost à Besançon; l’orateur semblait bien documenté. Il remonte à des rapports anciens dont un d’ Antoine Parmentier.
Les chiffres qu’il donne montrent que la viande de cheval est assez prisée à la Belle-Époque, mais que sa consommation stagne. PC 10_02_1914 hippophagie 2Ainsi, si elle était de 391 bêtes en 1887 à Besançon, en 1913 elle reste au même niveau puisqu’il dit que 30 à 35 bêtes sont abattues pour la boucherie chaque mois. Il faut préciser que la population de la ville n’a qu’à peine augmenté entre ces deux dates, donc la consommation ne peut varier qu’en fonction d’un changement de goût ou de prix. Ce que souhaite le conférencier, mais peut-être pas celui qui écrit ce compte-rendu.

Lors de la même réunion, on débattit de la sélection des chevaux comtois. Certains soutenant le croisement avec une race ardennaise, d’autres souhaitant améliorer le comtois. Curieusement, il n’est question nulle part du marché militaire, non pas trop pour la monte, mais pour le trait pour lequel le comtois est très performant. Ceci est d’autant plus curieux que Besançon abritait deux régiments d’artillerie et, tout à côté du Doubs, Héricourt un autre.

Les membres de la société d’agriculture du Doubs écoutèrent le même jour un rapport sur les contrôles du lait. PC 10_02_1914 hippophagie contrôle laitCe rapport signale encore des fraudes. Il s’agissait alors d’allonger le lait avec de l’eau, pratique fréquente dans le monde paysan, mais qui était à risque. Les chroniques judiciaires signalent fréquemment des peines assez lourdes pour les contrevenants.

On a déjà signalé combien le PC développait ses article économiques et l’on voit la place qu’il accordait à l’agriculture, si importante dans l’emploi du département et même de la France de ce temps.

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