Quand une rumeur économique, venue de Russie, agite la France…

Les Petits Comtois des 30 et 31 janvier 1914

PC 30_01_1914 affaire Poutilov

 

Le 28 janvier, une rumeur se répandit sur la possibilité qu’avait l’entreprise allemande Krupp de racheter l’entreprise russe de canons Poutilov. Tout le monde connaît alors la puissance de l’entreprise Krupp. Imaginer qu’elle puisse s’accroître encore en Russie et au détriment des intérêts français paraissait intolérable aux Français.

Pendant quelques jours, le Petit Comtois rendit compte de cette affaire qui agitait les milieux politiques, économiques et la presse.

PC 30_01_1914 affaire Poutilov2La crainte de voir les relations avec la Russie se détériorer est sous-jacente à l’affaire.  Les Allemands avaient déjà des intérêts en Russie, mais il s’agit là d’une usine d’armement et la France coopère avec la Russie en matière d’armes puisqu’elle est son alliée.

La rumeur réveillait aussi l’inquiétude française à l’égard de la puissance des Konzern germaniques. Krupp était déjà si puissant que de voir s’accroître cette puissance en Russie était inquiétant. Les propositions de rachat de Poutilov par Krupp furent considérées comme une agression par l’Allemagne contre les intérêts français.

Les usines Schneider du Creusot, concurrentes de Krupp, étaient directement concernées par l’usine Poutilov et deux de ses représentants partirent pour Petersbourg dès le 31 janvier afin de trouver une solution satisfaisante à cette affaire.

PC 30_01_1914 affaire Poutilov4On peut lire, le 31 janvier, que l’ambassadeur français à Petersbourg n’était autre que Delcassé, l’artisan du rapprochement franco-anglais. Théophile Delcassé occupait ce poste depuis février 1913 et il allait le quitter après cette affaire.

Celle-ci se dégonfla très vite, mais elle était le révélateur de la sensibilité nationale vis à vis du système d’alliance, la Triple Entente, si lentement mis en place pour répondre à l’encerclement de la Triple Alliance conçue par Bismark.

PC 31_10_1914 emprunt russeDès le 30 janvier, un nouvel emprunt russe était mis sur pied, rassurant tout le monde.

 

On voit sur la photo suivante les capacités des usines de Essen à produire des canons de très gros calibres. Ils auront de terrible effets meurtriers, mais aussi, en tirant à distance sur Paris, des effets psychologiques. Le canon de gros calibre (420 mm pour un obus de 800 kg) qui tira sur Paris en 1918 après la percée du printemps des troupes allemandes fut appelé Dicke Bertha (Grosse Bertha). Bertha, fille d’Alfred Krupp, était alors à la tête de l’entreprise avec son mari Gustav.

usines Kruppe à Essen

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