Un grand chantier dans le Doubs : le tunnel du Mont d’Or

Le Petit Comtois du 19 janvier 1914… et 3 autres éditions.

PC 19_01_1914 tunnel Mont d'Or 1 bisÀ Besançon, les températures du 19 janvier 1914 ont oscillé entre  -5°7 et  -2°6 ; on peut sans hésitation les abaisser de 5 à 6° à Longevilles-Mont-d’Or qui est à plus de 900 m d’altitude (cf. carte infra). Ce mois de janvier 1914 étant particulièrement froid, les travaux du tunnel du Mont d’Or ont été facilités à l’intérieur en bénéficiant de températures beaucoup plus clémentes. Le Petit Comtois les donne entre 13 et 14°.PC 19_01_1914 tunnel Mont d'Or bis 2

Cette anecdote concernant les conditions de travail dans le tunnel du Mont d’Or permet de revenir sur le percement et les aléas de ce grand chantier local.

Depuis la fin de l’année 1910, le Petit Comtois suivait avec intérêt et régularité les travaux de percement de ce tunnel. Les débuts dataient de novembre 1910. Le percement dura 34 mois et demi sur une longueur de 6099 m, avec à peine plus de deux mois de délais supplémentaires dus à des problèmes d’écoulement des eaux. En effet, le tunnel a une pente régulière en direction de la Suisse (les cartes topographiques donnent 913 m à l’entrée du tunnel, côté français, et 817 m à la sortie, côté suisse) et, par forte  pluviométrie, le chantier devait faire face à un écoulement au débit atteignant jusqu’à 10 000 litres par seconde. Pour éviter d’avoir à refouler les eaux côté France, le tunnel a été creusé seulement sur 500 m et sur 5500 m côté suisse.

PC 04_10_1913 tunnel Mont d'Or1La jonction entre les deux équipes chargées du percement eut lieu le 2 octobre 1913. Les travaux de finition allaient marcher bon train puisqu’ils étaient prévu pour 4 mois. En fait, l’entrée en guerre retarda la mise en service jusqu’au 15 mai 1915, date à laquelle le tunnel fut inauguré.

 

 

PC 10_02_1913 Doubs syphonné par la SuisseEn février 1913, les habitants du Haut-Doubs ont craint de voir les eaux du bassin du Doubs siphonnées par la Suisse. Une intervention du député Beauquier, très sensible aux questions environnementales, lui valut la réponse ci-contre du ministre des travaux publics. À savoir, le bétonnage du tunnel devait éviter que les eaux d’infiltration sur ce massif du Mont-d’Or, calcaire donc perméable, ne soient détournées côté suisse dans le cours de l’Orbe au détriment du bassin du Doubs.

Ce tunnel devait faire gagner une heure sur la ligne Paris-Lausanne du PLM, soit 8h de voyage au lieu de 9h. Aujourd’hui, emprunté par le TGV depuis 1984, le Lyria Paris-Lausanne (ainsi nommé depuis 2002) met 3h 39 minimum.

PC_01_02_1914 info tunnelLe Petit Comtois assurait un suivi sérieux des grands travaux dans le département du Doubs.

 

 

tunnel du Mont d'Or 3

Carte extraite du Géoportail de l’IGN

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